Gobelins : révéler les richesses du Mobilier National en ouvrant sa collection au public

La problématique

Dans le champ culturel français, le « Mobilier national et les Manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie » manifeste une originalité certaine.

Composé à la fois d’une collection d’objets d’art datant du XVIe au XXIe siècles et d’un patrimoine immatériel reposant sur de rares savoir-faire, le Mobilier national a entamé sa transition numérique :

  • Création d’une base de données pour la gestion des collections appelée « Suivi des collections et objets du Mobilier national » (SCOM)
  • Numérisation de la photothèque numérique, des fiches et des registres d’inventaire en format JPEG, informatisation de plus de 500 livres, etc.

Toutefois, faute de métadonnées structurées, les bases de données et les répertoires documentaires ne dialoguent pas, les capacités de recherche et de filtrage restent très limitées et leur utilisation reste exclusivement réservée aux agents du Mobilier national. Les collections patrimoniales du Mobilier national, riches de 100.000 biens, sont aujourd’hui décrites dans une base de données inaccessible au public.

Le défi : faciliter l’utilisation du patrimoine du Mobilier national par les agents publics, les métiers d’art et le grand public en développant des outils d’indexation participatifs

La problématique à résoudre est liée à la consolidation des connaissances sur les collections, les techniques et les savoir-faire mobilisés par le Mobilier national. Pour cela, trois grandes étapes :

  • Ouvrir la collection aux publics extérieurs, pour en faciliter l’accès (utilisateurs ciblés : étudiants, exploitation par les professionnels de la filière des métiers de l’art), et la découverte par le plus grand nombre grâce à une interface de consultation et de recherche,

  • Permettre aux agents du Mobilier national de procéder à des recherches multicritères et multiformats dans l’ensemble de la documentation technique et scientifique relative au patrimoine de l’institution grâce à un système d’indexation partagé,

  • Ouvrir la production participative de contenus pour enrichir et diversifier l’information sur le patrimoine grâce à la conception d’un système de capture et d’indexation.

L’interface doit être intuitive et proposer différents  modes de navigation au sein des collections (par type d’objet, lieu ou date de production, artiste, couleur, etc.), des réutilisations, des informations contextuelles sur les œuvres, des commandes de reproductions d’images, etc., en s’inspirant des services proposés sur les grandes plateformes commerciales, privées et les institutions innovantes (voir notamment les offres du Rijksmuseum).

Les 2 EIG

  • Ned Baldessin : Développement

Photo de Ned Baldessin

Ned Baldessin est développeur web depuis une quinzaine d’années. Il aime travailler à tous les niveaux du stack : l’architecture système, le développement d’applications ou encore le développement d’interface. Parmi ses principaux clients se trouvent Madame Figaro, Paris Photo, Hyper Island, La Martinière Groupe, UNESCO, Virgin Mobile, Doha Film Institute, Facebook, Google, Style.com et l’Opéra national de Paris.

Ayant grandi avec le web du milieu des années 90, Ned est totalement autodidacte. Il a effectué la majorité de sa carrière comme développeur indépendant, puis a rejoint l’agence AREA 17 en 2012. Il est nommé directeur technique de l’agence de Paris en 2014.

Son compte Twitter : @ned

  • Laurie Chapotte : Design UX

Photo de Laurie Chapotte

Designer graphique et de service, Laurie Chapotte a d’abord travaillé pour le laboratoire de recherche « identités complexes » à l’Université de Strasbourg afin de rendre plus compréhensible et accessible cette institution complexe. Elle a ensuite développé son activité de designer indépendante et conçoit des outils imprimés ou numériques visant à faciliter l’accès à l’information.

Son profil Linkedin | Son compte Twitter : @Lauriechapotte

La mentor : Hélène Cavalié

Photo d'Hélène Cavalié

Hélène Cavalié est chartiste et conservateur du Patrimoine. Depuis 2015, elle est responsable du service des Archives, bibliothèque, documentation et photos du Mobilier national. Impliquée dans la mise en ligne des données (en masse pour l’ouverture du portail européen des Archives, ciblée dans des éditions collaboratives de manuscrits sur Wikisource), elle sera l’appui des EIG.

« Ce projet a pour ambition de rendre visible et accessible les collections patrimoniales du Mobilier national et des manufactures, et les savoir-faire associés largement méconnus du public : une collection de 100.000 biens de qualité muséale ou servant à l’ameublement, parmi lesquels une des plus belles collections de tapis et tapisseries (encore produits dans les manufactures), de tissus d’ameublement.

Cette institution compte 350 agents dont 250 techniciens d’art qui travaillent dans 7 ateliers de création (tapisserie de haute lice des Gobelins, de basse lice de Beauvais, tapis de la Savonnerie à Paris et Lodève, dentelle au fuseau au Puy-en-Velay, dentelle à l’aiguille à Alençon, et Atelier de recherche et de création de meubles), et dans 7 ateliers de restauration (tapis, tapisserie, lustrerie, ébénisterie, menuiserie en sièges, tapisserie d’ameublement et tapisserie-décor).

Le cœur du projet, consiste à publier en ligne et rendre accessible et réutilisable cette collection gérée dans une base de données SQL, et les savoir-faire associés. Le projet consiste à concevoir une interface solide et innovante.

Les EIG devront être force de propositions pour concevoir cet outil novateur, ergonomique, collaboratif, avec une approche utilisateur. Il s’agit en quelque sorte de rendre visible et réutilisable tout l’écosystème des métiers d’art pour le grand public, les amateurs, les chercheurs, écoles de design, etc. L’institution a d’autres ressources et est détenteur de savoir-faire dans ses ateliers pouvant aussi être mis en valeurs dans ce projet : les 40.000 couleurs produites par l’atelier de teinture, etc. Le code réalisé durant ces 10 mois a vocation à être publié sous une licence libre et à être réutilisé par d’autres utilisateurs (particuliers ou institutions). La solution développée doit anticiper le fait que la base de données est destinée à migrer dans une autre solution logicielle et permettre de la reconnecter aisément à la nouvelle base. »

En savoir plus : le pitch du défi en 4 slides