Mesurer l'impact du programme EIG

12 juin 2019 / de Soizic Pénicaud, équipe EIG

Le programme Entrepreneurs d’Intérêt Général existe depuis bientôt trois ans. Il compte à son actif 37 défis accompagnés dans 29 administrations différentes et une communauté de plus de 100 personnes (45 mentors et 68 EIG toutes promotions confondues). Après une première promotion pionnière et une deuxième de passage à l’échelle, la troisième promotion, lancée il y a presque 6 mois, est celle de la consolidation.

D’une taille similaire à la précédente (15 défis, 32 EIG), elle permet de mettre en application les conseils et retours des EIG des promotions précédentes et de s’appuyer sur les outils et rituels déjà mis en place lors des promotions précédentes.

La consolidation du programme passe également par une prise de recul sur ses différentes aspects. Pour mener cette réflexion, nous avons choisi les quatre points d’entrée suivants.

1. Rendre accessibles les données sur le programme

Dans une volonté d’ouverture, nous avons d’abord compilé et rendu accessibles les données portant sur les défis (nature, administration, mission etc.), le financement du programme, le programme d’accompagnement, les promotions (compétences, répartition femmes-hommes, parcours des EIG après la promotion). Cette compilation visait à obtenir une image concrète, chiffrée et transparente de ces différents aspects du programme.

Comme nous vous l’annoncions sur ce blog, des data visualisations utilisant ces données sont disponibles en ligne depuis le mois dernier.

Bonne nouvelle : désormais, les données sont également disponibles sur data.gouv.fr. On attend vos réutilisations !

Le site présentant les données du programme sous forme de datavisualisations

2. Évaluer ce qui est produit par les défis et le programme

En mars 2019, nous avons amorcé une démarche d’évaluation du programme en interne. Nous souhaitions mesurer trois choses :

  • La capacité des défis à créer des outils répondant à des besoins du terrain, utilisés et pérennisés après le programme ;
  • La capacité des défis à impulser un élan de transformation numérique dans leurs administrations d’accueil, en termes d’open data, d’open source, d’utilisation de méthodes de travail agiles, centrées sur l’utilisateur ;
  • Le rôle joué par le programme et l’équipe de coordination dans la réussite des projets et les axes d’amélioration et d’évolution possibles.

Entre mars et mai, nous avons invité mentors et EIG des promotions 1 et 2 à répondre à un questionnaire composé de questions quantitatives et qualitatives, élaboré par l’équipe. Nous nous sommes également entretenus avec certains EIG et mentors pour approfondir des thèmes particuliers.

Les résultats de cette enquête seront publiés dans un rapport et présentés sur ce blog mi-juin.

3. Collaborer avec la recherche en sciences sociales

Pour compléter notre démarche interne d’évaluation, nous nous appuyons également sur le regard aiguisé de Clément Mabi. Clément est chercheur, maître de conférences en Science de l’information et de la communication à l’UTC de Compiègne spécialiste des civic tech et de la participation citoyenne. Dans le cadre d’un travail sur les liens entre technologie et administration, il participe à la promotion 3 depuis janvier 2019 en tant que chercheur en résidence.

Accueillir Clément comme chercheur en résidence nous permet de bénéficier d’un point de vue extérieur sur ce que nous produisons, et nous amène à remettre en question des éléments du programme que nous prenions pour acquis. Cela nous permet également d’élargir notre réflexion en y intégrant des questions plus larges que celles de l’impact du programme, telles que : quelle culture numérique le programme essaye-t-il de promouvoir ? Que recouvre la notion d’“intérêt général” ? Quels sont les acteurs de l’écosystème du “numérique d’intérêt général” ? Autant de questions que Clément explorera cette année à travers des questionnaires, des entretiens et des analyses de document. Il publiera les résultats de son travail dans des articles académiques ainsi que sur ce blog.

Deux hommes et deux femmes sont assis dans l'herbe avec leurs ordinateurs. Tous écoutent l'homme assis à l'extrême droite de la photo.De gauche à droite : Clément Mabi, Amélie Medem, Dorine Lambinet et Mathieu Perez

4. Mieux comprendre - et se situer dans - le paysage international

Dernier volet de cette prise de recul : un tour d’horizon d’initiatives similaires au programme EIG à l’international, et notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie. Notre objectif était de mieux comprendre leur fonctionnement, leurs sources de financement, leur rapport aux administrations de leur pays, les types de projets menés et les profils recrutés. A travers cette analyse, nous souhaitions également identifier des bonnes pratiques présentes à l’international que nous pourrions intégrer au programme EIG.

Dans cette lignée de coopération internationale, nous avons également été à l’initiative d’une session “table ronde” au sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert à Ottawa en mai 2019. Cette session a réuni le Prototype Fund allemand, les mouvements Civic Tech Toronto (Canada) et g0v (Taiwan) et l’association argentine Iniciativa Latinoamericana de Datos Abiertos autour du thème : encourager l’engagement citoyen à travers le numérique d’intérêt général (civic tech et govtech). Ces collaborations sont une opportunité d’explorer des réponses à des problématiques communes, telles que la pérennisation des projets développés ou les méthodes d’animation de communauté.

3 femmes et 3 hommes sont alignés et assis sur le bord d'une estrade. Une femme, au milieu, parle dans un micro.Mathilde Bras, cheffe du programme Entrepreneurs d’Intérêt Général, parle à la table ronde « encourager l’engagement citoyen à travers le numérique d’intérêt général ».

Ce travail de rétrospective nous permet d’être plus conscients des bonnes pratiques du programme et ce qui reste à améliorer ou à renforcer. Il nourrit notre réflexion sur la suite du programme, dont nous vous donnerons des nouvelles très bientôt !